Cela fait des semaines que le Sénégal renoue avec l’obscurité totale. La faute, selon l’Etat et la Sénélec, incombe à l’utilisation d’un mauvais fuel qui a grillé les machines de production. Inquiété par les émeutes populaires, le gouvernement se décide à se présenter devant les pseudos défenseurs des intérêts de la masse pour des explications tirées par les cheveux.
De l’autoglorification. Rien d’autre que de l’autoglorification. Voila la quintessence de la session extraordinaire qui s’est tenue la journée du 21 juillet à l’Assemblée nationale sénégalaise. D’une part, des députés qui se félicitent d’avoir initié une séance d’exorcisme jamais organisé au sein de ce haut lieu d’applaudissement et de félicitation et, d’autre part un ministre qui s’enorgueillit d’avoir pris les choses en main après un catastrophe qu’on voyait venir, même de l’extérieur. Je ne parlerais point de mesures que le gouvernement doit prendre pour nous sortir des ténèbres encore moins de la date à laquelle la situation se rétablira. Parce que comme le député Cheikh Abiboulaye DIEYE, je ne crois nullement à leur agenda. Je veux juste parler d’élégance républicaine, de respect dû aux citoyens.
M. Samba Diouldé THIAM, député de la mouvance présidentielle, a résumé dans son intervention la pensée populaire « Monsieur le ministre, Vous devez impérativement partir par devoir et par responsabilité, coupable ou non, si vous pouvez encore servir à quelque chose et si vous avez du sentiment et de l’estime pour le président de la République, votre protecteur. Ce départ est une question d’ordre publique, de salubrité démocratique et de sauvegarde politique du régime de l’Alternance. La crédibilité du président de la République qui vous a couvé et vous a tout accordé et la confiance des populations à l’égard du régime sont en jeu. Votre maintien ainsi que celui de vos semblables risquent d’entraîner la perte du régime installé en 2000. Vous êtes le symbole de l’échec, de la douleur, du ressentiment, de la violence et du désordre économique, social et politique.»
L’attitude du ministre Samuel SARR et du DG de la Sénélec M. Seydina KANE montre, si besoin en était, la désuétude des valeurs sur lesquelles s’adossait la société sénégalaise notamment « le jom, le ngor et le fouleu ».
Samuel SARR doit démissionner du fait qu’il est incapable de mettre en œuvre une politique énergétique et de gérer les attributions du ministère conformément au décret n° 2003-732 du 26 septembre 2003. En effet, le Ministère de l’Energie est chargé, entre autres, de la politique d’approvisionnement du Sénégal en énergie et, à ce titre, il exerce la tutelle sur les sociétés du secteur parapublic dont l’activité est l’importation, l’exportation ou la commercialisation des hydrocarbures. Il favorise le développement des énergies renouvelables et est chargé de la recherche et de la diffusion de technologies adaptées dans ce domaine. La responsabilité de Samuel SARR est donc engagée dans cette affaire de fuel qui est à la source des délestages même s’il cherche, à travers des explications fallacieuses, à trouver un bouc émissaire pour se dédouaner.
Quant au Directeur Général de Sénélec, à défaut de démissionner, on devrait le licencier et lui interdire de diriger une quelconque autre société d’Etat. Hormis, l’utilisation par ses services d’un mauvais fuel il a montré ses limites dans la gestion de cette crise en nous laissant dans la pure ignorance jusqu'à ce que les émeutes le fassent sortir de son mutisme coupable. Cette situation coutera très chère aux contribuables sénégalais.
Il est temps que chacun assume la plénitude de ses actes. Nous devons refuser cette médiocrité qui s’est emparée de nos instances de gouvernance et qui a fini de gangréner tout le système depuis l’arrivée de l’alternance. Nous avons laissé la conduite de ce pays à des incultes, faisons de sorte que cela ne se reproduira plus. En 2012, nous devrons juger à partir de contenus programmatiques. Ce qui se passe actuellement dans ce pays traduit aussi notre incompétence à choisir des gouvernants responsables, travailleurs et honnêtes.