Les Sénégalais sont maintenant édifiés. Le fils veut succéder à son père. En effet, Karim WADE a pris goût au pouvoir en fréquentant assidûment son père.
Ainsi, il est entrain de se donner les moyens -matériel, humain et financier- pour y accéder. A y voir de prêt, l’homme a tout pour devenir le quatrième Président de la République dans l’histoire
du Sénégal. Cependant, il lui manque cette petite quelque chose indispensable voire obligatoire pour un homme public : le charisme. Cette qualité qui permet à une personne de séduire,
d’influencer et de fasciner les autres par ses discours, son tempérament, ses attitudes et ses actions.
N’est pas plus aveugle que celui qui refuse de voir les réelles intentions de Karim WADE. Le fils du Président veut succéder à son père, devenir calife à la suite du calife. L’homme a très tôt goutté aux délices du pouvoir et des facilités qu’il confère. Par conséquent, il serait difficile pour lui de retomber dans l’anonymat quand Gorgui ne présidera plus aux destinés de la nation sénégalaise. Pourquoi ne pas tenter le coup à un moment où la succession est des plus ouvertes ? Surtout qu’il pourrait bénéficier d’un poucet de papa. Ne sommes nous pas en Afrique berceau du tripatouillage constitutionnel et des entorses à la volonté populaire ? Le journaliste Mame Less Camara, Directeur de la radio Océan FM, est d’avis que Karim doit être vu comme un dauphin et qu’une procédure de dévolution du pouvoir est engagée en sa faveur.
Qu’a cela ne tienne Karim WADE est entrain de faire un véritable forcing communicationnel pour entrer dans les grâces du peuple électeur. D’aucuns disent que Richard ATTIAS prêterait main forte au leader de la Génération du Concret. En tout cas un intense lobbying a permis à Karim de figurer dans le select club de " Jeune Leader Mondial" (JLM) qui se défini comme un réseau de pairs issus de domaines et d’horizons aussi divers que variés, avec des opportunités hautement visibles pour pouvoir intervenir de façon significative sur les affaires du monde et changer l’agenda mondial. Voilà, virtuellement, ce que représente le fils de Viviane WADE sur l’échiquier mondial.
Il faut reconnaître que la grande offensive en terme de communication provient du magazine Jeune Afrique qui avait ouvert le bal en faisant figurer WADE fils dans la liste des « 100 personnalités qui font l’Afrique ». Ce même Jeune Afrique qui n’hésite pas à lui dédier de nombreux articles notamment une enquête flatteuse de Marwane Ben YAHMED alors qu’il était en pleine brouille avec le Président de l’Assemblée Nationale qui souhaitait le voir à l’hémicycle pour une séance d’explication sur les chantiers de l’ANOCI. Cela « pue » la manipulation comme disent certains journalistes.
Pourquoi Karim n’a pas répondu à l’invite des élus ? Craignait-il que ses compatriotes découvrent qu’il ne maîtrise pas le wolof ? L’on ne saura jamais car aucun parlementaire libéral n’osera rééditer l’invitation après la réaction épidermique de la famille WADE – le cousin Doudou (Président du Groupe Parlementaire) et le père Abdoulaye (Chef de l’Etat)- qui avait fait vaciller le présidium de l’assemblée Nationale. Donc à défaut d’avoir une nette idée sur la « wolofité » de Karim, considérons qu’il fait partie de ces sénégalais d’ethnie toubab comme le proclame sa maman qui à l’occasion d’une visite à l’Hôpital Albert Royer nous a gratifié de trois mots wolof. Comme pour démontrer aux sceptiques que si la franco-sénégalaise s’exprime dans la langue nationale le sénégalo-français le peut aussi.
La route du palais est parsemée d’embûches pour Karim WADE qui tente, peu ou prou, de les esquiver. La blancheur de sa peau ne jouant pas en sa faveur, il opte pour un habillement traditionnel. Une façon de montrer aux gens qu’il est culturellement ancré et qu’il est sénégalais à 100 % : "je suis heureux d’être parmi ma famille, la banlieue". Cette phrase n’est pas fortuite comme le lieu où il a été prononcé. La banlieue représente le tiers de l’électorat national. Loin de moi toute idée de dénier à Karim WADE sa nationalité sénégalaise et son droit de briguer les suffrages des sénégalais. Bref, qui gagne la banlieue, gagne les élections. Pour une première sortie les choses semblent lumineuses. Aussi lumineuse que le manque de charisme de Karim WADE.
Le discours prononcé à Guédiawaye et celui de Darou Khoudoss dans le cadre de la recapitalisation des ICS ont permis de me faire une idée sur ce point. Contrairement à son père qui bénéficie d’une aura naturelle qui lui permet de convaincre, fédérer ou rallier des personnes à sa cause, Karim WADE développe une timidité maladive. Il apparaît comme une personne qui n’a pas confiance en lui. Ses discours sont souvent alambiqués. Il bute sur les mots. L’homme manque d’assurance. Devant un public il perd tous ses moyens. Il donne l’impression de quelqu’un qui demande une considération autre que celle dont il bénéficie actuellement (on le considère comme le fils du Président qu’il est).
Lors de ses sorties publiques Karim WADE a tendance à créer une énorme distance entre lui et son auditoire. De temps en temps, il se retourne pour fuir les regards pesant du public. Il donne l’impression de fuir l’auditoire comme s’il avait peur d'être critiqué et jugé, et donc de ne pas être aimé. Une dépendance aux regards des autres qui exprime un défaut d'estime de soi. Timidité, doutes et hésitations transparaissent dans son message et dans sa posture.
Le profil d’homme dynamique qu’on lui a taillé est imaginaire et ne correspond pas au vrai Karim WADE. Ainsi, dans une de ces livraisons le journal panafricain CONTINENTAL mentionne «depuis sept ans qu’il est aux côtés de son père, Karim WADE, autrefois expert en finances à la City de Londres –ses détracteurs prétendent qu’il n’y était que guichetier!–, a soigné son image d’homme moderne et de jeune cadre compétent et dynamique. C’est aussi une icône du jet set. L’homme s’affiche avec son ami le roi du Maroc, Mohammed VI, dont il partage la passion pour le jet ski et les échecs. ». Karim WADE n’a pas ce magnétisme qui fait drainer des foules. Il n’a pas la force brute qui lui permet de prendre une ascendance naturelle sur les gens.
Cette image de jeune dynamique a été spécialement forgée pour Karim WADE (avec la page WADE, les sénégalais seront attirés, aux prochaines élections présidentielles, par un candidat jeune, dynamique et expérimenté). Cependant, ce dernier n’arrive pas à l’entretenir. Ce masque va tomber au fur et à mesure que son implication politique sera plus soutenue. On peut mettre des années à construire une image mais il suffit juste d’une prise de parole en public ou d’une sortie médiatique pour que tout s’envole. Karim ne pourra continuer à cacher son manque de confiance et sa timidité. Tous les sénégalais sauront que l’homme a le trac en face d’un public.
Karim WADE est sous la menace du « syndrome Ottinger » en référence à ce jeune candidat au titre de sénateur de l’Etat de New York en 1996. Incapable de se défendre au cours d’un débat à trois, il a vu son image de jeune manager dynamique s’effondrer comme un château de carte. Les symptômes de la maladie sont visibles. La maladie ne tardera pas à se répandre comme un secret de polichinelle même s’il refuse de faire de récurrentes sorties.
Tant qu’on y est pourquoi Karim ne défend jamais son père ? Le conseiller financier de Gorgui devrait avoir des arguments bétons pour nous expliquer la situation du pays face à cette crise et les moyens misent en oeuvre pour l’obtention de ressources monétaires. Apparemment, le « watch dog » du Président de la République - «Il m’a d’abord servi de “watch dog”. Il m’alertait sur certains trafics. Puis, il m’a apporté son expertise financière. Dès qu’un investisseur m’approchait, je lui transmettais son dossier. Ensuite, je l’ai chargé des relations avec certains pays arabes. Je lui ai mis le pied à l’étrier et il a tout de suite été adopté. »- a perdu son flair en fourrant son museau dans les pétrodollars de Dubaï. Les dossiers qu’il a piloté particulièrement les chantiers de l’ANOCI, la 3éme licence de téléphonie et l’Aéroport de Ndiass sont indexés ou au point mort.