Mardi 7 avril 2009

Quoi de plus  extatique pour une personne  que de participer librement au choix des hommes et à la gestion de la terre qui l’a vu naître. C’est cette liberté que confère l’indépendance d’une nation. Cela fait maintenant des années que les Sénégalais naissent libres et égaux sans discrimination. Habiter Thiès, Gorée, Saint Louis, Louga ou Fongolembi revient au même. L’appartenance à une quelconque entité territoriale confère les semblables droits  qu’accorde la République. Fêter le jour où on a acquis ces faveurs renforce le degré d’appartenance à une unique et indivisible nation. Ce moment est aussi une occasion d’écouter le Président de la République faire un bilan solennel des actes déjà posés et ceux qui le seront dans un moyen terme pour la satisfaction durable des désirs et besoins des citoyens. Le 3 Avril 2009 Abdoulaye WADE s’est adressé à la nation sans pour autant persuader. Loin d’être rassembleur le message présidentiel est resté dans le spectre de la politique politicienne.

 

Le Président de la République a décidé de restreindre son front en éteignant les foyers de tension les plus acerbes. Pour cela, il faut commencer par amadouer les syndicats enseignants qui sont les plus bouillants sur le front social. WADE, avec son projet de forum national sur le statut de l’enseignant, compte se donner une bouffée d’oxygène en détournant cette catégorie de ses revendications premières qui est la source des grèves répétitives. S’il parvient  à obtenir un consensus sur ce projet le Président pourra faire différer les grèves jusqu'à la fin de ce « ndeup » du secteur éducatif.

 

L’autre catégorie sociale à museler est la jeunesse. Cette couche n’a pas fini d’en vouloir au Chef de l’Etat qui lui avait promis monts et merveilles. In fine, nada ! Les jeunes sénégalais subissent le poids du chômage. Difficile pour eux de trouver du travail après une formation professionnelle dispendieuse. Combien de diplômés sont chaque année charriés par l’école sénégalaise sur le marché de l’emploi sans aucune garantie d’emploi ou de stage ?

 

 Les entreprises privées ne recrutent guère et l’Etat peine à trouver une solution pour recruter les sans emploi de ce pays. Les projets de lutte contre le chômage crées par le régime de WADE ne sont d’aucune utilité dans la résorption du taux de chômage. Ils ont juste eu le don d’alourdir le budget du pays et de servir de point de recasement pour les militants du parti au pouvoir et de sa mouvance. A ces nombreux gouffres à milliard le Président compte ajouter un Observatoire National de l’Emploi et des Qualifications professionnelles « pour aider le gouvernement à piloter l’importante question de l’emploi des jeunes ». Ceci montre que ce régime n’a jamais eu une vision claire sur l’emploi des jeunes. Durant les neuf ans les gouvernements de WADE n’avaient aucunes politiques sérieuses et bien pensées. Il n’est donc pas surprenant que ces projets notamment le Fonds National de Promotion de la Jeunesse, l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes, le Service Civique National et le Programme Jeunes dans les Fermes Agricoles du Plan REVA aient échoués. Il en sera de même pour le cadet qui est l’Office pour l’Emploi des Jeunes de la Banlieue.

 

Il est certain que le régime libéral ne réglera pas le problème des sénégalais car pour y parvenir il faut que les solutions soient endogènes. Et ce n’est pas la mise sur pied d’un programme immobilier profitant aux seuls hommes de tenue et aux sénégalais de l’extérieur qui va nous sortir de cet imbroglio économique et social. En ce moment les sénégalais sont plutôt pour les fondamentaux de la vie. Certains n’arrivent plus à manger correctement, le vêtir est devenu un luxe et se soigner n’est plus à la portée du sénégalais lambda.  

 

Certes, le Président a compris après les résultats du scrutin du 22 Mars 2009 mais à sa guise. En effet, il a compris qu’il n’entrait plus dans les plans des sénégalais lui qui veut pourtant se voir Chef de l’Etat à vie. Que les vainqueurs se le tiennent pour dit WADE ne les laissera pas diriger les Collectivités Locales en paix. Ils devront faire face à d’innombrables obstacles. Dans son discours le Président a tracé une ligne de démarcation entre les deux administrations. Il ne leur sera rien pardonné dans leur gestion. Les élus de l’opposition devront s’attendre à des contrôles inopinés c’est toute la quintessence  de cette assertion « si d’un côté et de l’autre, Gouvernement et Collectivités locales, chacun respecte la loi et notamment les normes de gestion transparente et de bonne gouvernance, l’harmonie s’établira dans nos relations ». Cette harmonie n’est pas prêt de s’établir dans la mesure où WADE n’a pas toujours digéré les accusations de fraude lors des Présidentielles de 2007 et la lettre de l’opposition qui s’ensuivit.

 

Mais le principal hic reste le fichier électoral. Cet écueil n’est pas encore surmonté en dépit de la victoire de Benno Siggil Sénégal lors des locales. L’opposition ne fera pas l’erreur d’affirmer que le fichier est fiable du fait que c’est cette base de donnée qui sera utilisée avec quelques modifications dans trois ans et tout peut arriver entre temps. Le cas Karim WADE est présent du fait que l’opposition l’a au coin de l’œil. WADE parraine t’il   toujours son fils pour sa succession ? WADE est-il prêt à respecter le jeu démocratique ? Des interrogations qui rendent impossible un dialogue politique franc et sincère entre les deux parties. Surtout que cette opposition a pris sa revanche sur le Président de la République qui lui déniait toute représentativité au profit de celle reconnue par WADE en l’occurrence l’opposition parlementaire.

 

Du statut de l’opposition et du chef de l’opposition, il n’est pas productif de s’attarder sur ce débat du fait que WADE n’en a cure. C’est encore une fois un moyen de déstabilisation de l’opposition. Rien ne sera laissé au hasard pour fragiliser les vainqueurs du 22 Mars 2009.  

 

Les trois années qui nous séparent de 2012 seront très disputées sur le plan politique. Entre la volonté des libéraux de pérenniser leur pouvoir à tout prix et celle de l’opposition consistant à mettre fin à ce régime la bataille sera très rude et sans concession. Mais, fort heureusement le dernier mot appartient au peuple qui est seul souverain dans le choix du Président de la République.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par moussa kane
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Lundi 23 mars 2009

Ce 22 Mars 2009  les sénégalais sont appelés à une sempiternelle sollicitation électorale. Une élection qui ne devait être que locale a pris des tournures référendaires. Le peuple sénégalais, selon les tendances lourdes, a sanctionné Abdoulaye WADE et son fils Karim WADE. Comme si la question principale était pour ou contre les ambitions présidentielles de ce dernier. Le contre a littéralement gagné. Nous tenterons de donner une lecture, somme toute personnelle, de l’élection.

 

Le refus est bien sénégalais. Cette affirmation m’a valu, il y a de cela quelques mois, des récriminations de la part de certains forumistes qui avaient perdu espoir. Mais aujourd’hui mon cher peuple m’a donné raison et a envoyé des messages clairs à toute la classe politique sénégalaise. L’exception sénégalaise revit. Le peuple vient de montrer qu’il avait foi à la seule voie d’accession à une station dans une démocratie.

 

Au Président Abdoulaye WADE le peuple sénégalais lui a tourné radicalement le dos. Cette déroute électorale lui est imputable car en descendant sur le terrain pour prêter main forte à ses ouailles il est aussi comptable du résultat final. Les sénégalais n’ont pas attendu le soir du 22 Mars 2009 pour lui montrer son mécontentement. Sa campagne électorale déguisée en tournée économique a été marquée par des huées et des jets de pierres. Avec seulement neuf années de magistère WADE est passé du messie au statut de damné. Sa mauvaise politique –économique et sociale-, son refus du dialogue avec ses opposants et ses airs condescendants ont été sanctionnés par le peuple électeur. WADE doit tirer tous les enseignements de cette défaite en rendant le tablier. Il ne jouit plus de la confiance des sénégalais, qui plus est, le retour en fanfare de l’opposition dite significative lui vaudra une fin de mandat très mouvementée.

 

A son fils Karim, la réponse est très claire « fi momo ko ». Battu dans son propre bureau de vote au Point E il ne doit plus prétendre à la magistrature suprême. Le projet de legs du pouvoir ne passera point. Ce pays, ses habitants l’ont construit avec des larmes et du sang. Et ils refuseront de monnayer leurs acquis démocratiques. Oui, cette population est pauvre, meurtrie par des années de « sopi » manqué mais il tient à sauvegarder sa dignité et avoir les cartes de son destin en main. Karim WADE et sa « génération » ont beau insufflé des billets de banque depuis leurs apparitions sur la scène politique sénégalaise mais le peuple leur a montré qu’elle s’est détournée de ces méthodes archaïques et rébarbatives. D’ailleurs, ce premier test devrait être bénéfique pour Meïssa WADE du fait qu’il constitue un feedback par rapport à ses ambitions. Les sénégalais ne se laisseront pas berner par des travaux d’embellissement de sa capitale et une poignée de nouveaux jeunes riches qui, en se proclamant du concret, qualifient les actions des autres citoyens de nulle et d’une nullité absolue. WADE fils, après cette bonne baffe, doit revoir ses ambitions à la baisse et trouver un autre moyen de servir cette nation si c’est la seule chose qui lui tient à cœur car aujourd’hui plus que jamais le peuple ne  cautionnera pas une « monarchisation » du pouvoir au Sénégal.

 

Les auréolés d’aujourd’hui doivent aussi comprendre que chaque bulletin de vote acquis est à la fois une note d’espoir mais surtout un test pour 2012. Les nouveaux maîtres de la gouvernance locale doivent savoir que les maires de la Coalition Sopi 2009 sont aussi victimes de leur mal gouvernance. Beaucoup de maires de ville ou de commune d’arrondissement sont éclaboussés par les fameuses histoires de spéculation foncière qui se sont fait jour dans leur territoire. En cela s’ajoute une incapacité permanente à mettre sur pied une gestion durable et efficiente des ordures ménagères et une « cantinisation » galopante de la ville dans un souci de garnir les caisses de la mairie qui se trouve être la leur.

 

Les premières priorités résident dans l’assainissement des collectivités locales. Il ne s’agit point de venir caser des militants au chômage. Ce qui ne ferait qu’augmenter une ressource humaine pléthorique et sans apport fécondant. Les nouvelles équipes municipales devront, en sus de cela, investir les maigres moyens des Collectivités Locales dans des actions qui impacteront directement sur la vie des populations. Elles devront, en outre, éviter la paresse, la luxure et la dilapidation du bien commun. Elles doivent avoir à l’esprit et en tout temps ces dires d’Aristote « le mérite spécial de celui qui commande est la prudence. Les autres vertus lui sont communes avec ceux qui obéissent ».

 

Enfin, le peuple sénégalais a fait preuve d’une très grande lucidité et d’une maturité démocratique sans égale. Sans verser dans la violence il a utilisé à bon échéant sa seule arme valable. Le peuple a montré qu’il était souverain et refuse la sujétion. Le combat reste et demeure la protection du vote. Le choix populaire ne doit pas être confisqué par quiconque. Les premières tendances sont défavorables au camp du Président de la République et de son fils dès lors il faut aller dans le sens de verrouiller la victoire du peuple. Lequel refusera toujours les parachutages. Il faut maintenant redescendre sur terre après cette victoire historique et comprendre que Karim WADE, son père et ses souteneurs ne désisteront pas facilement. L’ambition est toujours là. Il faudra donc redoubler de vigilance pour barrer la route au successeur. Le quatrième Président de la République sera élu démocratiquement et sans entorse à la charte suprême du pays. Le peuple sénégalais refusera qu’on choisisse à sa place car le refus est bel et bien sénégalais.      


Par moussa kane
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Vendredi 30 janvier 2009

A quoi jouent les politiciens sénégalais? Prendraient-ils la population pour une bande d’ignare prompte à oublier tout ce qui s’est passé la veille ? Assurément que si. Et le cas Macky SALL est, à tout point de vue, édifiant. L’homme s’est aujourd’hui mué en opposant de première catégorie alors qu’il faisait partie des thuriféraires de celui qui l’a fait tour à tour Premier Ministre, Secrétaire Général adjoint du PDS et Président de l’Assemblée Nationale, de manière unilatérale.

 

Thuriféraire. Oui, thuriféraire. L’homme qui jette présentement la pierre au Président Abdoulaye WADE et son parti n’a jamais tari d’éloge à l’endroit de ce dernier jusqu’à ce qu’il sponsorise sa liquidation au sein du parti. N’est ce pas lui qui disait de WADE, lors du Congrès d’investiture pour les Présidentielles 2007 au Méridien Président : « Vous êtes pour le Sénégal et l’Afrique, ce que Napoléon fut pour la France. A chaque fois que l’on eut besoin d’un homme et d’un seul, tous les esprits se sont tournés vers vous, Maître … Comme Roosevelt qui, en 1919, tira l’Amérique de la grande récession par la politique des grands travaux, vous avez mis le Sénégal sur orbite, pour en faire un pays émergent, grâce à vos vastes chantiers qui ont fini de redonner aux éléphants leurs couleurs naturelles ».

 

La dissemblance entre ces  paroles et celles tenues aujourd’hui renseigne sur la capacité de revirement de nos politiques selon les intérêts en jeu.  Ce qui est sûr c’est que l’ex édile de Fatick est tombé sous le coup de son assertion : «l’histoire et les Sénégalais jugeront ceux dont la virulence des attaques d’aujourd’hui, n’a d’égale que l’emphase de leurs éloges d’hier. La main qui donne, dit-on, est toujours au dessus de celle qui reçoit…Ce pays, le Sénégal, est une démocratie multiséculaire, résultat d’une œuvre de construction historique à laquelle le Président Abdoulaye Wade a pris une part prépondérante». Ces propos il l’avait tenu à l’endroit de Idrissa SECK. Et il se retrouve dans la même situation. A entendre Macky SALL s’adresser à la nation toute entière on à l’impression que l’homme vient juste d’arriver dans l’arène politique. Que les sénégalais n’ont aucun paramètre pour juger son action politique. Il semble que l’homme oublie qu’il a été au premier plan dans le régime de WADE.  

 

Si les sénégalais devront juger comme il l’estime ce sera sans doute par la négative pour lui et son parti car il a, durant des années, porté le message du Pape du Sopi. Il a lui-même prononcé le discours lors de la déclassification du rapport des IGE sur les chantiers de Thiès. A la primature et devant les journalistes il a communiqué sur la non délivrance d’un récépissé au parti Rewmi de Idrissa SECK (alors que la seule déclaration du ministre de l’intérieur suffisait). Il a été témoin de nombreuses entorses à la loi, sans rechigner. Macky SALL devra surtout rendre compte des actes posés alors qu’il était Premier Ministre. En froid avec ses ex «frères » libéraux, M. SALL dénonce leurs gestions clientélistes du pouvoir, leurs pratiques qui sont aux antipodes de la bonne gouvernance. Et pourtant lui-même a été au cœur de ce système, formaté qu’il est au logiciel de gestion libérale. Il avait placé certains de ses amis à des postes juteux  [Ousmane Ndiaye aux Industries chimiques du Sénégal (ICS), Serigne Mboup à la Société des Pétroles du Sénégal (Pétrosen), Baïdy Souleymane Ndiaye au Pcrpe et Diène Faye à la Direction de l'Hydraulique]. Le fait de se décharger de tous les mandats acquis sous la bannière libérale ne signifie pas son blanchiment.      

 

Macky SALL aurait-il crée l’APR- Yakaar s’il avait continué à bénéficier de la confiance du Président de la République ? Il ne l’aurait pas fait. Macky SALL n’avait plus le choix. Pour continuer à exister en politique l’unique recours possible était la création de cette entité. Il ne pouvait plus rester dans le giron libéral du fait de sa dégringolade. Calomnié puis destitué de son poste de Président de l’Assemblée Nationale, M. SALL a suivi les traces de son prédécesseur à la Primature. Un virage forcé qui lui vaut cependant un élan de solidarité chez une frange de la population.

 

La seule lecture qui vaille par rapport à cette situation est qu’en politique les sénégalais ont la mémoire très courte. Il y a juste quelques mois Macky SALL était du côté des pestiférés et en l’espace d’un bannissement il se retrouve du côté des martyrs.

 

Il ne faut pas s’y méprendre M. SALL ainsi que tous les hiérarques du régime de Abdoulaye WADE ont des comptes à rendre aux sénégalais. Mais ce n’est pas de la manière dont veulent procéder les libéraux en instrumentalisant les institutions pour se débarrasser d’un adversaire à la veille d’une élection. Une méthode qui a le mérite de faire plus de publicité au mis en cause que son procès. Les sénégalais ont une tendance pathologique à soutenir un « persécuté politique ». Et les politiques ne se privent plus des retombées d’une telle situation, quoi qu’elles puissent être éphémères. La démission de Djibo KA du PS lui avait valu un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, Moustapha NIASSE avait suffisamment de voix en 2000 pour devenir le premier Chef du gouvernement de l’alternance et Idrissa SECK s’est placé second à l’élection présidentielle de 2007. Il convient dès lors de préciser que ces fortes ascensions ont toujours été suivies par de rapides déchéances.

 

Macky SALL et ses ouailles doivent se rendre compte que la population n’est pas de leur côté juste pour leurs beaux yeux mais parce que des principes de droit sont entrain d’être bafoués et des règles du jeu démocratiques faussées dans le seul but de mettre en orbite un tel ou tel autre prétendant à la magistrature suprême. Pour avoir tout perdu depuis l’arrivée de l’alternance les sénégalais refuseront d’aliéner leur droit à choisir leur Président de la République. 

 

Par moussa kane
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Lundi 16 juin 2008

Les Sénégalais sont maintenant édifiés. Le fils veut succéder à son père. En effet, Karim WADE a pris goût au pouvoir en fréquentant assidûment son père. Ainsi, il est entrain de se donner les moyens -matériel, humain et financier- pour y accéder. A y voir de prêt, l’homme a tout pour devenir le quatrième Président de la République dans l’histoire du Sénégal. Cependant, il lui manque cette petite quelque chose indispensable voire obligatoire pour un homme public : le charisme. Cette qualité qui permet à une personne de séduire, d’influencer et de fasciner les autres par ses discours, son tempérament, ses attitudes et ses actions.

N’est pas plus aveugle que celui qui refuse de voir les réelles intentions de Karim WADE. Le fils du Président veut succéder à son père, devenir calife à la suite du calife. L’homme a très tôt goutté aux délices du pouvoir et des facilités qu’il confère. Par conséquent, il serait difficile pour lui de retomber dans l’anonymat  quand Gorgui ne présidera plus aux destinés de la nation sénégalaise. Pourquoi ne pas tenter le coup à un moment où la succession est des plus ouvertes ? Surtout qu’il pourrait bénéficier d’un poucet de papa. Ne sommes nous pas en Afrique berceau du tripatouillage constitutionnel et des entorses à la volonté populaire ? Le journaliste Mame Less Camara, Directeur de la radio Océan FM, est d’avis que Karim doit être vu comme un dauphin et qu’une procédure de dévolution du pouvoir est engagée en sa faveur. 

 

Qu’a cela ne tienne Karim WADE est entrain de faire un véritable forcing communicationnel pour entrer dans les grâces du peuple électeur. D’aucuns disent que Richard ATTIAS prêterait main forte au leader de la Génération du Concret. En tout cas un intense lobbying a permis à Karim de figurer dans le select club de " Jeune Leader Mondial" (JLM) qui se défini comme un réseau  de pairs issus de domaines et d’horizons aussi divers que variés, avec des opportunités hautement visibles pour pouvoir intervenir de façon significative sur les affaires du monde et changer l’agenda mondial.  Voilà, virtuellement, ce que représente le fils de Viviane WADE sur l’échiquier mondial.

 

Il faut reconnaître que la grande offensive en terme de communication provient du  magazine Jeune Afrique qui avait ouvert le bal en faisant figurer WADE fils dans la liste des « 100 personnalités qui font l’Afrique ». Ce même Jeune Afrique qui n’hésite pas à lui dédier de nombreux articles notamment une enquête flatteuse de Marwane Ben YAHMED alors qu’il était en pleine brouille avec le Président de l’Assemblée Nationale qui souhaitait le voir à l’hémicycle pour une séance d’explication sur les chantiers de l’ANOCI. Cela « pue » la manipulation comme disent certains journalistes.

 

Pourquoi Karim n’a pas répondu à l’invite des élus ? Craignait-il que ses compatriotes découvrent qu’il ne maîtrise pas le wolof ? L’on ne saura jamais car aucun parlementaire libéral n’osera rééditer l’invitation après la réaction épidermique de la famille WADE – le cousin  Doudou (Président du Groupe Parlementaire) et le père Abdoulaye (Chef de l’Etat)- qui avait fait vaciller le présidium de l’assemblée Nationale. Donc à défaut d’avoir une nette idée sur la « wolofité » de Karim, considérons qu’il fait partie de ces sénégalais d’ethnie toubab comme le proclame sa maman qui à l’occasion d’une visite à l’Hôpital Albert Royer nous a gratifié de trois mots wolof. Comme pour démontrer aux sceptiques que si la franco-sénégalaise s’exprime dans la langue nationale le sénégalo-français  le peut aussi.

 

La route du palais est parsemée d’embûches pour Karim WADE qui tente, peu ou prou, de les esquiver. La blancheur de sa peau ne jouant pas en sa faveur, il opte pour un habillement traditionnel. Une façon de montrer aux gens qu’il est culturellement ancré et qu’il est sénégalais à 100 % : "je suis heureux d’être parmi ma famille, la banlieue". Cette phrase n’est pas fortuite comme le lieu où il a été prononcé. La banlieue représente le tiers de l’électorat national. Loin de moi toute idée de dénier à Karim WADE sa nationalité sénégalaise et son droit de briguer les suffrages des sénégalais. Bref, qui gagne la banlieue, gagne les élections. Pour une première sortie les choses semblent lumineuses. Aussi lumineuse que le manque de charisme de Karim WADE.

 

Le discours prononcé à Guédiawaye et celui de Darou Khoudoss dans le cadre de la recapitalisation des ICS ont permis de me faire une idée sur ce point. Contrairement à son père qui bénéficie d’une aura naturelle qui lui permet de convaincre, fédérer ou rallier des personnes à sa cause, Karim WADE développe une timidité maladive. Il apparaît comme une personne qui n’a pas confiance en lui. Ses discours sont souvent alambiqués. Il bute sur les mots. L’homme manque d’assurance. Devant un public il perd tous ses moyens. Il donne l’impression de quelqu’un qui demande une considération autre que celle dont il bénéficie actuellement (on le considère comme le fils du Président qu’il est).

 

Lors de ses sorties publiques Karim WADE a tendance à créer une énorme distance entre lui et son auditoire. De temps en temps, il se retourne  pour fuir les regards pesant  du public. Il donne l’impression de fuir l’auditoire comme s’il avait peur d'être critiqué et jugé, et donc de ne pas être aimé. Une  dépendance aux regards des autres qui exprime un défaut d'estime de soi. Timidité, doutes et  hésitations transparaissent dans son message et dans sa posture.

 

Le profil  d’homme dynamique qu’on lui a taillé est imaginaire et ne correspond pas au vrai Karim WADE. Ainsi, dans une de ces livraisons le journal panafricain CONTINENTAL mentionne «depuis sept ans qu’il est aux côtés de son père, Karim WADE, autrefois expert en finances à la City de Londres –ses détracteurs prétendent qu’il n’y était que guichetier!–, a soigné son image d’homme moderne et de jeune cadre compétent et dynamique. C’est aussi une icône du jet set. L’homme s’affiche avec son ami le roi du Maroc, Mohammed VI, dont il partage la passion pour le jet ski et les échecs. ». Karim WADE n’a pas ce magnétisme qui fait drainer des foules. Il n’a pas la force brute qui lui permet de prendre une ascendance naturelle sur les gens.

 

Cette image de jeune dynamique a été spécialement forgée pour Karim WADE (avec la page WADE, les sénégalais seront attirés, aux prochaines élections présidentielles, par un candidat jeune, dynamique et expérimenté).  Cependant, ce dernier n’arrive pas à l’entretenir. Ce masque va tomber au fur et à mesure que son implication politique sera plus soutenue.  On peut mettre des années à construire une image mais il suffit juste d’une prise de parole en public ou d’une sortie médiatique pour que tout s’envole. Karim ne pourra continuer à cacher son manque de confiance et sa timidité. Tous les sénégalais sauront que l’homme a le trac en face d’un public.

 

Karim WADE est sous la menace du « syndrome Ottinger » en référence à ce jeune candidat au titre de sénateur de l’Etat de New York en 1996. Incapable de se défendre au cours d’un débat à trois, il a vu son image de jeune manager dynamique s’effondrer comme un château de carte. Les symptômes de la maladie sont visibles. La maladie ne tardera pas à se répandre comme un secret de polichinelle même s’il refuse de faire de récurrentes sorties.   

 

Tant qu’on y est pourquoi Karim ne défend jamais son père ? Le conseiller financier de Gorgui devrait avoir des arguments bétons pour nous expliquer la situation du pays face à cette crise et les moyens misent en oeuvre pour l’obtention de ressources monétaires.  Apparemment, le « watch dog » du Président de la République - «Il m’a d’abord servi de “watch dog”. Il m’alertait sur certains trafics. Puis, il m’a apporté son expertise financière. Dès qu’un investisseur m’approchait, je lui transmettais son dossier. Ensuite, je l’ai chargé des relations avec certains pays arabes. Je lui ai mis le pied à l’étrier et il a tout de suite été adopté. »-  a perdu son flair en fourrant son museau dans les pétrodollars de Dubaï. Les dossiers qu’il a piloté particulièrement les chantiers de l’ANOCI, la 3éme licence de téléphonie et l’Aéroport de Ndiass sont indexés ou au point mort.  

Par moussa kane
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Vendredi 13 juin 2008

La lettre postélectorale de l’opposition sénégalaise peut être considérée comme le premier facteur de blocage du dialogue politique. Me Abdoulaye WADE n’a pas digéré l’attitude de ses challengers qui, au lieu de le féliciter comme l’avait fait Abdou DIOUF en 2000, lui ont contesté toute légitimité populaire. Laquelle légitimité ne représente rien si l’on tient son pouvoir de Dieu. Cela expliquerait-il les tendances hégémonistes du Président? Tout porte à le croire.

Les Assises nationales ont eu le pouvoir de dévoiler un pan important de l’inconscient présidentiel. On sait maintenant comment Abdoulaye WADE appréhende sa relation avec le pouvoir. Lapsus ou manifestation d’un refoulement, quoi qu’il en soit, nous sommes tous avertis ; le pouvoir de WADE nous est transcendantal. Ce pouvoir, il l’a reçu de DIEU : "… il s'agit là d'une opération anticonstitutionnelle visant à renverser mon régime. D'ailleurs, ils ne réussiront pas à me renverser, car c'est Dieu qui m'a mis à cette place...». Qu’est ce qu’il faudrait comprendre par là ?

Le président de la République a au travers de la gorge la non reconnaissance de sa victoire par la majorité de l’opposition qui lui avait adressait une lettre de protestation. Avec 55,90%, WADE avait gagné la dernière présidentielle sans pour autant passer par le deuxième tour. Un score que certains voyaient comme le fruit d’un hold up électoral légalisé par le Conseil Constitutionnel qui avait déclaré le leader de la coalition SOPI vainqueur des joutes. WADE n’a pas pardonné à ces gens d’avoir souillé sa victoire devant le peuple et la communauté internationale. Ces derniers ont clamés que le pouvoir libéral est certes légal mais illégitime car la volonté populaire a été spoliée. Après avoir laissé à Ousmane NGOM, estampillé Ministre de l’Intérieur à l’époque, pour répondre à la relation épistolaire de l’opposition le Président de la République a joint sa voix à cette polémique en proclamant qu’il ne doit sa position présidentielle qu’à DIEU.

Selon certains penseurs, Dieu n'est pas en contradiction avec la notion de pouvoir politique. Au contraire, Dieu peut permettre de définir un droit politique absolu. Dieu comme source légitime du pouvoir correspond à la théorie absolutiste de l'Etat, qui n'exclut pas la fondation ou la raison du pouvoir. A cette théorie s'oppose celle selon laquelle le pouvoir est l'émanation du peuple. Et cette dernière théorie est en parfaite adéquation avec les principes de démocratie qui sous-tendent les sociétés humaines contemporaines. Avec cette réaction le Président de la République a mis en berne le seul moyen d’ascension politique qui vaille en démocratie ; la volonté populaire. Dans le système démocratique, la légitimité vient essentiellement des élections. WADE tire son pouvoir de DIEU. Son pouvoir est dès lors sacré, et il n'a de compte à rendre à aucun humain. Son pouvoir est, par conséquent, absolu. Il est donc souverain en ses décisions comme en ses actes. Son pouvoir ne doit subir ni condamnation ni limite. Ce qui expliquerait aujourd’hui les relations heurtées entre WADE et toute personne désireuse de s’élever contre ses positions.

De la population en général et des vaincus de la dernière présidentielle en particulier le Chef de l’Etat n’attend qu’une obéissance. Toute espèce de révolte contre l'autorité est condamnable chez WADE. Voilà ce qui explique, en partie, que WADE soit réfractaire aux Assises nationales. Un pouvoir au relent divin ne doit souffrir d’aucunes contestations du fait qu’il est détenu par un esprit éclairé. Tout le monde doit se mettre aux pas. Point de débats contradictoire. Le conseil donné par Mbaye Jacques DIOP aux animateurs des Assises sied parfaitement à la situation : « Taisez-vous ! Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires … ». Depuis quand dans une démocratie le fait d’être minoritaire ne confère pas de droit ? Sauf si l’on est dans un Etat où toutes les institutions sont accaparées par le pouvoir en place. Notre Président n’a jamais caché son penchant pour un césarisme –éclairé-. Que tous les pouvoirs soient concentrés entre ses mains avec le consentement et l’appui du peuple. Dans les faits, la pratique du pouvoir par WADE n’est pas loin de ce régime antidémocratique en l’absence du seing populaire. Rien ne lui échappe. Il est l’alpha et l’oméga. Avant lui c’était le désert total, après lui ce sera le Sénégal des routes de dernière génération, d’hôtels flambant neufs et d’un nouveau gotha de riches. Depuis très longtemps le Sénégal est tombé dans le patrimoine de WADE. Les biens de l’Etat sont à lui, les citoyens sénégalais sont ses enfants. Il y représente le pater familias.

Cette phrase du responsable politique libéral de Kaffrine devrait nous édifié davantage sur la conception que nos gouvernants ont de l’Etat : « considérant que c’est une attaque frontale contre notre République, contre notre Etat, j’estime que quand quelqu’un est coupable de coup d’Etat, est reconnu comme étant instigateur d’une subversion, quand quelqu’un mène des actions séditieuses, forcément, il faut que la loi reste rigoureusement appliquée ». Cette appropriation de la République et de l’Etat en général est le lit de toutes les entorses aux règles démocratiques. Ce pays est devenu le leur et ils en disposent comme ils veulent. Les deniers publics, les réserves foncières, les libertés individuelles et collectives, tout y passe.

En somme, l’Etat c’est WADE. Au gré de ses humeurs il change la constitution, renvoie les élections, emprisonne les citoyens, décrète la fermeture de station radio. Un pouvoir conféré par Dieu doit s’imposer aux simples mortels. Avec une légitimation divine de son pouvoir faudrait-il comprendre que WADE est résolu à garder le pouvoir envers et contre tout. S’il tire son pouvoir de Dieu alors les humains ne sont pas à mesure de le lui retirer, qui plus est, par l’entremise de l’élection qui se présente comme le seul moyen viable et autorisé en démocratie. WADE n’étant pas immortel, il songerait, sûrement, à passer le relais à un dauphin trié sur le volet. La piste de Karim serait pour la majorité des sénégalais la plus probable pour ne pas dire la seule. Wait and see.

Par moussa kane
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Mercredi 4 juin 2008

L’opposition a tenu, vaille que vaille, à organiser ses assises nationales en association avec d’autres segments de la nation. Le « ndeup collectif » a démarré avec son lancement officiel le dimanche 1er juin 2008 dans la salle de conférence du Méridien Président. Ce qui a foncièrement déplu au Chef de l’Etat. Me Abdoulaye WADE ne s’est pas seulement limité à décliner l’invite des organisateurs mais il a menacé quiconque aurait participé à ces assises. Quand les libertés sont étouffées, la démocratie ne peut qu’en pâtir. Sans la liberté la démocratie n’existe plus, alors s’installe la « démocrature ».

 

 

 Les Assises nationales de l’opposition sont maintenant effectives. Lancées qu’elles étaient, en grandes pompes, par leurs initiateurs dans la luxueuse salle de conférence du Méridien Président. Les initiateurs de la manifestation ont mobilisé de grosses personnalités issues des sphères politiques, économiques, médiatiques, diplomatiques, religieuses et de la société civile. Il ne manquait que WADE, son gouvernement, son parti et ses alliés pour qu’aucun doute ne plane sur le caractère national de ces assises. Mais qu’importe ! Chacun a le droit de choisir, selon son intime conviction, de participer ou de ne pas participer à cette thérapie de groupe.

 

En effet, l’exercice d’une liberté dans toute sa plénitude est un gage d’une bonne santé démocratique. La liberté est un indéterminisme, une indépendance, une autonomie. Le citoyen, dans le respect des lois et règlements en vigueur dans le pays, a la latitude de choisir ce qu’il veut faire sans être inquiéter.    

 

Le respect de cette liberté et les droits du citoyen sont, selon le préambule de la constitution sénégalaise,  la base de notre société.  Cette même constitution, en son article 7, appelle l’Etat à respecter et à protéger la personne humaine à qui elle confère un droit à la vie, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, etc. Par ailleurs,  l’article 8 de la Charte suprême stipule que « la République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits collectifs. Ces libertés et droits sont précisément les libertés civiles et politiques : liberté d'opinion, liberté d'expression, liberté de la presse, liberté d'association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation ».

 

Au vu de la situation actuelle du pays de telles dispositions sont gravement violées par celui qui en est le garant. En menaçant certains participants à ces assises nationales le Président de la République foule du pied la Constitution qu’il avait lui-même édictée et soumise à l’approbation populaire en 2001. "Que tous ceux qui se disent mes amis ne se rendent pas à cette manifestation. Je parle des chefs de partis politiques, des chefs religieux qui sont proches de moi, des chefs d'entreprises etc. Car il s'agit là d'une opération anticonstitutionnelle visant à renverser mon régime. D'ailleurs, ils ne réussiront pas à me renverser, car c'est Dieu qui m'a mis à cette place... J'invite donc mes amis à ne pas s'y rendre ». Ceci en dit long sur la suite des événements. WADE s’est voulu très limpide : « que personne ne vienne me dire après que je ne savais pas ». Certainement quand il brandira le bâton contre ceux qui ont bravé son autorité.

 

Farba SENGHOR, le plus virulent pourfendeur de ces assises nationales, a ouvertement attaqué Mansour KAMA, Président de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal, en appelant les Directeurs Généraux des sociétés publiques et parapubliques (La Poste, Sénélec, Sonatel, Pad, Sde, etc) et les sociétés privées dont les dirigeants sont proches de l’Etat (CCBM, Satrec...) à prendre leurs responsabilités en quittant cette organisation patronale. Le chargé de la mobilisation et de la propagande du PDS estime  que M. Mansour Kama a posé un acte de défiance vis-à-vis de l’Etat en participant aux assises.

 

Inconsciemment le pouvoir en place participe à donner de l’envergure à ces assises nationales. En criant sur tous les toits son « assisophobie » et en proférant des menaces publiques, Me WADE montre, contrairement à ce qu’il allègue, que ces rencontres le perturbent. En quoi la participation de Mansour KAMA serait-il un frein au développement économique du pays ? La CNES a jugé opportun de siéger dans le bureau de ces assises. Ils sont dans leurs droits dès lors qu’aucune loi ne l’interdise. Quand le Conseil National du Patronat a décidé de se retirer cela n’a nullement ému les organisateurs de ces assises. Que l’Etat fasse pareil. La démocratie ne rime pas avec la pensée unique. C’est la multiplicité des pensées et idées contradictoires qui est le socle de la démocratie. C’est à partir de la contradiction que jaillisse la lumière.

 

L’on nous apprend que la maison du Président de ces Assises nationales en l’occurrence Amadou Mactar MBOW a été délestée. Des individus lui ont privé d’électricité en sabotant le poteau d’alimentation. Penda MBOW n’a pas aussi échappé à la furia. Il serait difficile de ne pas indexer le régime et ses affidés. Avec leur avènement la violence politique a atteint des cimes jamais égalées.       

 

Les menaces, les intimidations et les emprisonnements sont monnaies courantes sous le règne libéral. La liberté de la presse en a pris un sacré coup. Plusieurs journalistes ont été agressés, d’autres ont été menacés et une correspondante étrangère a été expulsée du pays. Des journalistes sénégalais ont été convoqués à la DIC et soumis à de rudes interrogatoires . L’opposition aussi n’a pas été épargnée. Des leaders politiques ont été agressés, écroués ou attraits devant la justice pour des broutilles. Dans ce pays le droit à la marche a été bafoué à plusieurs reprise. Ceux qui ont osé passer outre les interdits étaient réprimés par une police devenue violente ; les émeutes de la faim, la marche postélectorale de l’opposition. Le calendrier électoral a souffert de reports et autres renvois. Avec cette liste non exhaustive des méfaits de WADE, l’on ne saurait continuer à parler de l’exception sénégalaise en matière de démocratie. Faire allusion à la démocratie pour le cas du Sénégal serait une grave forfaiture.

 

Nous en sommes à une  « DEMOCRATURE » (ou « DICTOCRATIE »). Celle-ci désigne un régime qui, sous l'apparence d'une démocratie, fonctionne en réalité comme une dictature. Une constitution est en place, des élections ont lieu régulièrement, la liberté d'expression est garantie dans les textes, cependant les élites en place manipulent ces institutions afin de conserver leurs privilèges. Cela peut être aussi le cas lorsqu'il existe une collusion entre les médias et le pouvoir en place. Cette définition ne recoupe t-il pas le cas du Sénégal ? En effet, le régime sénégalais se pare de facette démocratique mais au fond fonctionne comme une sorte de dictature. Les pressions faites sur les participants à cette assise nationale en sont une parfaite illustration. L’inexistence d’un dialogue politique et social pérenne, la gestion solitaire du pouvoir, les institutions qui ne fonctionne que pour maintenir un homme et son groupe au pouvoir. Nous avons quitté depuis longtemps les sentiers de la démocratie. Nous avons emprunté, sans nous en rendre compte, la voie de la « démocrature ».

 

Le constat est amer mais c’est la réalité. Le Président de la République a raté le coche. Les chantiers institutionnels (lutte contre la corruption et les détournements de dénier, renforcement des acquis démocratiques, renforcement de l'unité nationale, etc) ont été méprisés au profit des chantiers inachevés de l’ANOCI et de l’autoroute à péage. Et aujourd’hui on s’en prend à la liberté des citoyens affamés après les avoir traité de paresseux. Le pire reste à venir. Alors, nous devons nous souvenir de ces paroles d' IGNAZIO SILONE: « la liberté n’est pas une chose dont on vous fait cadeau, on peut vivre en pays de dictature et être libre : il suffit de vivre contre la dictature. L’homme qui pense avec sa tête à lui est un homme libre. L’homme qui lutte pour ce qu’il croit juste est un homme libre. On ne va pas mendier sa liberté aux autres. La liberté, il faut la prendre »

 

 

Par moussa kane
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Vendredi 23 mai 2008

Le problème du Sénégal, c’est WADE. L’opposition nationale y croit dur comme fer. Maintenant reste à trouver une solution pour le faire partir. Comment ? Voilà la principale interrogation. En plus de vouloir garder le pouvoir jusqu’à la fin de son mandat, WADE prépare son fils et raille le cheval de Troie de l’opposition (les Assises Nationales). Ce dernier serait-il la bonne stratégie pour mettre fin au règne dévastateur des WADE ?     

Sur le chemin du retour de Belfast, après une énième consécration, Me WADE se livre à un grand oral. Le lieu (un avion), le médium (Le Soleil) et l’intervieweur (Mamadou SEYE, Directeur du Soleil – militant du PDS)  sont révélateurs. A quelques encablures de la tenue des assises nationales le Président de la république jette de l’huile sur le feu en déclarant à qui veut l’entendre qu’il ne dialoguera pas.

Pour une fois les choses doivent être claires pour l’opposition sénégalaise.  Abdoulaye WADE ne reconnaît point les membres du Front Siggil Sénégal comme ses pendants depuis sa réélection en 2007. Au lendemain de ces joutes la première réaction de WADE montrait à suffisance qu’il ne devait plus rien à personne. La page de l’alternance était définitivement tournée. Après avoir compté sur des voix de NIASSE, BATHILY, DANSOKHO et autres partis lilliputiens pour se hisser à la magistrature suprême en 2002, WADE s’est aujourd’hui libéré du cordon ombilical. Contre toute attente ils était 1 914 403 sénégalais à lui faire confiance pour un autre mandat alors que tous les politiciens réunis ont glané 1 458 534 voix (compte non tenu des candidats indépendants : Petit MBAYE, Mamadou Lamine DIALLO, Mame Adama GUEYE, Modou DIA et Louis Jacques SENGHOR) .

              Candidat

Suffrage exprimé

 %

Moustapha Niasse

203 129

5,93 %

Abdoulaye Bathily

75 797

2,21 %

Cheikh Bamba Dièye

17 233

0,50 %

Idrissa Seck

510 922

14,92 %

Robert Sagna

88 446

2,58 %

Landing Savané

70 780

2,07 %

Ousmane Tanor Dieng

464 287

13,56 %

Doudou Ndoye

9 918

0,29 %

Talla Sylla

18 022

 

Ces résultats ont été contestés. Encore une fois, après la belle page de 2000, le Sénégal renoue avec le spectre des accusations de fraudes électorales. Le candidat socialiste Ousmane Tanor DIENG avait déposé un recours arguant de multiples irrégularités comme l’utilisation d’une encre délébile, des inscriptions et des distributions de cartes non équitables et l'empêchement de voter dans des conditions normales pour de nombreux Sénégalais. Itou pour le candidat Abdoulaye BATHILY.

Les Sénégalais singulièrement les populations de la banlieue dakaroise ont préféré le « dolli » de Gorgui au vrai changement de IDY et autres slogans électoraux. Il faut le reconnaître l’opposition avait tout faux. Ils s’étaient contentés des pronostics des journalistes et autres analystes qui prédisaient une déconvenue du Candidat Président. La  réalité était autre. A y voir de près l’opposition sénégalaise n’avait rien fait de concret pour mériter le suffrage des sénégalais. Ils étaient très éloignés des préoccupations des sénégalais, se cloîtrant chaque jeudi chez Amath DANSOKHO pour envoyer des communiqués dictés par les agissements et le calendrier du Président WADE. La stratégie est simple et relève plutôt de la fainéantise. Malheureusement, de la dernière défaite électorale l’opposition qui se proclame significative n’a rien retenu par rapport à l’essentiel  hormis sa radicalisation. Nos opposants n’ont pas parfaitement assimilé les leçons d’Antoine de Saint-Exupéry : « Il est des victoires qui exaltent, d’autres qui abâtardissent. Des défaites qui assassinent, d’autres qui réveillent » Certes, ils se sont réveillés mais en se levant du mauvais pied.

En effet, il faut leur reconnaître une mutation physique. D’opposition républicaine, elle s’est mue en une opposition radicale prompte à investir la rue. Toutefois, ces agitations les détournent de la vraie bataille ; investir le cœur des sénégalais. Les opposants ne doivent pas attendre le temps d’une campagne électorale pour communiquer et échanger avec les citoyens. Une élection ne se gagne pas en cette période. L’électeur est un consommateur. Il veut connaître le produit qu’on lui vend. Et pour cette raison les hommes, qui sont à la poursuite du pouvoir politique, gagneraient à créer une certaine disponibilité auprès du citoyen - électeur. Les quelques minutes disponibles en période de campagne électorale pour commercer avec les électeurs via la télévision (si l’on sait que tout le monde ne peut pas assister aux réunions politiques) sont insuffisantes pour se faire vendre, se faire aimer. Il faut se lever tôt pour espérer engranger le maximum de voix. CHIRAC l’avait compris après la déroute de 1993. Il avait pris deux années pour faire le tour de la France profonde en prélude à la Présidentielle de 1995. Résultat, il succède à François MITTERAND et fait revenir la droite au pouvoir.  

Nos opposants ont les mêmes habitudes que le Président WADE. Ils sont très rarement présents au Sénégal. Prenons le cas de Moustapha NIASSE qui séjourne très rarement au Sénégal préférant les Grands Lacs et les Pays du Golfe. Le reproche est aussi valable pour Idrissa SECK, Talla SYLLA et Amath DANSOKHO (raison médicale). De telles attitudes ne règleront pas le problème. Les sénégalais sont conscients que WADE ne fait pas l’affaire. Mais iront-ils jusqu’à choisir un autre Président de la République par défaut ? Tant qu’on y est, posons nous une simple question qui est le plus présidentiable dans le lot de candidat se trouvant dans l’opposition ? Difficile de répondre me diriez-vous.

Moustapha NIASSE commence à vieillir (il est né en 1939). A la prochaine élection il aura 73 ans, le même âge que WADE quand il devenait Président en 2000. L’épisode WADE a édifié les sceptiques sur les tares d’une gérontocratie. La sénilité arrive sans crier gare. Tanor DIENG, vu son background, a le profil de l’emploi mais les stigmates du règne socialistes persistent toujours. Idrissa SECK s’est décrédibiliser aux yeux des sénégalais. Il a foulé du pied son unique proposition de vente en l’occurrence la probité en se montrant tortueux. Les autres sont de simples figurants dans le jeu politique. Ils se sont taillés des habits de faiseurs de roi. Hier, ils étaient contre le PS qu’ils traitaient de tous les noms d’oiseaux aujourd’hui ils sont devenus d’inséparables compagnons d’arme.

 WADE sait qu’il n’a pas d’opposition en face de lui. Nostalgique de ses passes d’arme avec DIOUF, il se positionne en pouvoir mais aussi en contre pouvoir. Il est à la fois l’homme des préoccupations et des controverses. Son opposition ne fait que suivre. Une opposition de réaction soucieuse de l’organisation de ses assises nationales. Lesquelles n’intéressent qu’une infime partie du Sénégal (les intellectuels, la société civile, les militants des partis du front Siggil Sénégal). Dans sa justification ses concepteurs font état d’une longue tradition de concertation au Sénégal : « le Sénégal a connu, dans le passé, des concertations sectorielles avantageuses qui ont permis à l’Etat et aux acteurs politiques et sociaux de trouver des solutions, aux problèmes difficiles qui se posaient à des moments données, ou aux contentieux qui les opposaient. On peut citer par exemple les Etats  Généraux de l’Education et de la Formation en 1981 ou les concertations qui ont donné lieu au Code Electoral consensuel de 1992…… C’est à la lumière de ces expériences antérieures positives, face à la crise globale et multiforme que traverse le pays, que nous proposons la convocation d’assises nationales, comme solution concertée de sortie de crise. L’objectif général de ces Assises nationales est de trouver une solution consensuelle globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle (éthique, politique, économique, sociale et culturelle) qui sévit dans le pays.»

L’intention est certes noble mais que vaudrait les recommandations de ces Assises nationales  si celui qui est chargé de conduire la politique de développement national n’en a cure. Dans sa dernière interview avec le quotidien national Le Soleil WADE a révélé toute son antipathie pour ces assises : « ces assises nationales ne m’intéressent pas ! Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, ça ne me dérange pas, pourvu qu’ils respectent l’ordre public. Là, je suis intransigeant. Moi je trouve ces assises, c’est bien, mais on verra ce qu’ils pèsent, qui sera là, qui fera quoi, qui dira quoi... ».

Il ne faut pas oublier que si le Code Electoral consensuel de 1992 a été une réussite c’est parce que le régime socialiste a consenti à échanger avec l’opposition d’alors. Tel n’est pas présentement le cas.  Osons le dire ces Assises ne régleront rien dans la misère des sénégalais. Le mal être est là, visible. Il vicie nos quotidiens. Les conclusions, qui sortiront de ce conclave élitiste, ne seront applicables qu’après WADE. A condition que cette opposition accède au pouvoir. Une chose à laquelle je me permets de douter tant que ce schéma continue à perdurer. Sans le savoir le Front Siggil Sénégal est entrain de baliser le terrain à WADE (fils).            

Par moussa kane
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Lundi 19 mai 2008

Ce ne sera pas un simple visa apposé en bas d’un document ou une volonté fortement affichée qui va redimensionner la coopération entre la France et ses anciennes colonies africaines. Jean Marie BOCKEL  l’a appris à ses dépends. La « Françafrique » est un concept qui a de bons jours devant lui. Croyez vous qu’il suffit juste d’un claquement de doigts pour rayer les bases militaires française de Ouakam et de Hann de la carte militaire du Sénégal ? Sans ambiguïté. Non !

 

La France et le Sénégal ont une histoire commune, des intérêts communs. La France et le Sénégal c’est plus qu’un 31 Mai 2002 en Corée. La France et le Sénégal c’est, selon mon intime conviction, deux Chefs d’Etat (Sarkozy et WADE) qui développent des ressemblances à plusieurs niveaux. L’un, face à son miroir, voit le reflet de l’autre.  


Abdoulaye WADE et Nicolas SARKOZY n’ont pas la même trajectoire politique. Le premier était une icône de la politique africaine au moment de la gestion solitaire du pouvoir marqué par une restriction des libertés. Cependant, ils sont tous deux des robes noirs. Rhéteurs, imbus des valeurs de la communication politique, ils ont la manie de tourner en dérision leurs adversaires. WADE et SARKOZY ont atteint les cimes politiques portés par un immense espoir populaire.

 

Du plébiscite au désaveu.

 

Plébiscité qu’ils étaient par des populations qui avaient soif de réformes. Ces derniers ont vite déchanté après les avoir vu à l’œuvre. Ils ont voulu apporter une manière neuve d’exercer le pouvoir qui avait plutôt tendance à désacraliser l’institution. WADE prend toujours le contre-pied du protocole. Il se permet de faire un tour au marché aux poissons pour palabrer avec les commerçantes ou aller à la rencontre des badauds installés derrière son palais pour tailler bavette avec eux. Il s’est même permis de faire une comparaison avec Youssou NDOUR pour répondre à une question sur la fréquence de ses voyages. Même s’il a gagné les dernières élections présidentielles WADE ne bénéficie plus de son aura d’antan. Les Sénégalais ne se reconnaissent pas -ou plus pour d’autres- dans les actions du Président de la République qui, à l’instar des stars hollywoodiennes, se payent de grosses cylindrés et fait la une des journaux par ses déclarations fracassantes.

 

SARKOZY a voulu imposer une image de Président star avec des sorties, somme toute, fracassantes. Ses photos de  vacances avec Carla BRUNI prises à Louxor en Egypte ont fait le tour du monde. Le journaliste de L’EXPRESS, Eric MANDONNET s’est même interrogé sur la personnalité de SARKOZY dans une enquête. Le journaliste écrit : « Une vie privée devenue publique, une stratégie de marketing digne de celle des stars, une personnalisation du pouvoir: Nicolas Sarkozy réinvente la fonction de chef d'Etat. Modernisation des institutions ou dérive de la politique? SARKO est un Président people. Au départ, c’était amusant pour les français  mais à la longue l’effet people a lassé parce que l’essentiel était occulté. Et les derniers sondages sont révélateurs du dégoût de la population.

«S
elon un sondage IFOP-Fiducial pour Paris-Match, paru le jeudi 24 avril, 72 % des Français se disaient mécontents de l'action du président Nicolas Sarkozy. Le sondage IFOP, paru le 20 avril dans le Journal du dimanche, soulignait que seuls 36 % des personnes interrogées en étaient satisfaites. Dans les deux cas, il s'agit des pires résultats pour un président après un an de mandat depuis le début de la Ve République en 1958. En avril 2003, un an après sa réélection, Jacques Chirac recueillait 58 % de jugements positifs sur son action.

Sa façon de présider est perçue très majoritairement (84 %) comme différente de celle de ses prédécesseurs. Un tiers des sondés la jugent "moins bonne". 17 % la trouvent meilleure et 48 % estiment qu'elle n'est "ni meilleure ni moins bonne". Seuls 42 % des sympathisants UMP la jugent meilleure.

65 % des sondés estiment que le nouveau locataire de l'Elysée n'a pas tenu les engagements qu'il avait pris durant la campagne présidentielle. Son projet est par ailleurs jugé "ambitieux" (62 %) et "peu crédible" (50 %).

Ce sondage s'est déroulé dans un contexte morose, puisque 48 % des personnes interrogées estiment que la situation économique s'est détériorée depuis un an. Pour 53 % d'entre elles, les mesures mises en place ont "plutôt détérioré" leur pouvoir d'achat. 80 % pensent donc que la mise en place d'un plan de rigueur est inéluctable.

Les sondés ont pourtant un avis positif sur certaines mesures comme la baisse des cautions locatives, le service minimum dans les transports publics, la défiscalisation des heures supplémentaires, le traité simplifié sur l'Europe et le controversé bouclier fiscal. La réforme de la carte judiciaire est jugée en majorité négativement.

Les Français considèrent que le président a fait des progrès. 80 % estiment qu'il a "trop parlé" de sa vie privée au début de son mandat, mais pour 67 % des sondés ce n'est plus le cas aujourd'hui. »

Attaques contre la presse.

 

Cette position inconfortable SARKOZY l’impute aux médiats qui ne cessent, selon lui, de l’attaquer et de fermer les yeux sur ses adversaires.  Il prend pour exemple la récente condamnation par les Prud’hommes de Ségolène ROYAL qui n’a pas été traitée comme il se devait, à son goût. De grands organes de presse de l’hexagone en ont pris pour leurs grades particulièrement L’Express, Le Parisien et L’AFP. Marianne et le Journal du Dimanche n’ont pas été aussi épargnés par les invectives présidentielles. Le plus  amusant dans cette histoire reste qu’au moment où le Chef de l’Etat français déverse sa bile sur la presse, il faisait joyeusement la une de Paris Match. SARKOZY estime que la presse s’acharne contre lui pour des «raisons davantage commerciales qu’idéologiques».

 

Un sentiment partagé outre atlantique. Son homologue sénégalais pense pareil. Lui qui attaque constamment la presse nationale allant jusqu'à assimiler les journalistes à des nullards. Pas plus tard que le 1er Mai il a jeté une grosse pierre dans le jardin des journalistes. Idem après sa soirée de dédicace de son livre interview « une vie pour l’Afrique ». Il impute à la presse nationale  ses relations cahoteuses avec Jacques DIOUF de la FAO. WADE va même plus loin que SARKOZY. Il ferme des stations de radio (SUD, PREMIERE FM), embastille des journalistes ou les rabroue quand ils l’interpellent.

 

Ces deux hommes aiment les médiats. Ils adorent faire la une des journaux mais positivement parce qu’ils détestent la critique. Ils tiennent à leurs images comme à la prunelle de leurs yeux. D’où cette propension à vouloir contrôler les médiats. Chez eux la bonne presse est celle qui leur tresse des lauriers.

 

Des hommes seuls.

 

SARKO et WADE se sentent seuls. Seuls contre l’opposition et la presse. Ils ont donc décidé de lancer un SOS.

 

Lors d’un conseil des ministres le Président sénégalais confie à ses collaborateurs qu’il ne trouvait personne pour le défendre face aux critiques. Pis, ses cellules de  communication (dans le parti et dans l’appareil d’Etat) sont presque aphones. WADE ne trouve personne pour défendre ses projets et se muer en bouclier aussi bien chez ses députés, ses sénateurs que les structures du PDS.

 

S’agissant du premier magistrat français, il a réuni les députés de l’UMP à la salle des fêtes de l’Elysée pour leur faire part de sa solitude ; devant le mutisme de ses camarades de parti il révèle : « «J’ai été obligé de décrocher mon téléphone et d’appeler certains d’entre vous» pour qu’ils rédigent des communiqués afin de prendre sa défense.

 

Des similitudes entre ces deux hommes on peut en trouvées dans tous les registres. Mais l’essentiel est qu’ils  montrent à souhait que la Présidence de la République s’inscrit dans la sacralité et toute tentative de le verser dans la rubrique people serait vouée à l’échec. Gouverner un Etat ne relève pas de la  star système. Il appelle de celui à qui échoit ce rôle plus que des qualités d’hommes de showbiz.             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par moussa kane
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Jeudi 8 mai 2008

Le spectre d’une année blanche plane sur le système éducatif sénégalais. La faute à la situation conflictuelle qui prévaut entre le gouvernement et certains syndicats enseignants. Depuis le début de l’année académique les enseignants désertent les salles de classe de sorte que le quanta horaire pour valider l’année serait difficilement atteint. L’Etat et les syndicats s’arc-boutent chacun sur des positions difficilement conciliables.

Les différentes centrales impliquées dans cette longue et âpre lutte pour l’amélioration des conditions existentielles de leurs travailleurs sont décidés à aller jusqu’au bout, quitte à être à la source d’une invalidation de l’année. Du côté du gouvernement le message du Ministre de l’Education Moustapha SOURANG, délivré lors de la cérémon ie de rentrée solennelle de l’Université Gaston Berger, sonne comme une façon de tenir la barricade à tout prix :« à l’impossible, nul n’est tenu car il y a des doléances illégitimes, illégales donc impossibles à satisfaire. Nous avons en matière de revendication sociale, une doctrine claire : il n’y a pas d’alternative au dialogue, il faut qu’on discute. Mais, le problème de fond, c’est que pour toute revendication, il y a un choix légitime. Cependant, il faut avoir les moyens de réaliser cela. Maintenant, je ne connais pas, au monde, de pays développé en matière d’éducation. Tous les enseignants du monde réclament. C’est normal, c’est légitime. L’Etat dira aussi ce qu’il peut faire. En matière de négociations, il y a trois cas de figures que je cite souvent : ce que l’on demande est légal et légitime, on le fait tout de suite ; ce que l’on demande est légitime et légal, mais impossible immédiatement, on le programme ; ce que l’on demande n’est ni légitime, ni légal, ni possible, on le concède ensemble et on l’évacue ». Moustapha SOURANG n’a fait que renforcer la position du Chef de l’Etat qui lors de son discours du nouvel an 2008 précisait : « je demande aux enseignants de réapprécier nos efforts et de nous soutenir au lieu de maintenir l’école dans une perpétuelle instabilité de grèves récurrentes et de menaces de grèves. Nous devons privilégier le dialogue. Le gouvernement y reste attaché en permanence. On dit que toutes les élasticités ont des limites au-delà desquelles la corde casse. Evitons de pénaliser l’école et les enfants par des revendications impossibles. » .

Les négociations achopperont, certainement, sur beaucoup de points. A y voir de prêt il sera difficile de faire aboutir les discussions -si tenté qu’il y en aura- à moins que certaines revendications soient différées. A l’heure actuelle, l’Etat du Sénégal ne pourra régler les problèmes liés aux finances. C’est pas parce qu’il ne le veut pas mais parce qu’il ne le peut pas. Les finances publiques ne peuvent pas prendre en charge une augmentation de la masse salariale. Elle est plutôt occupée à faire face à cette crise qui exige un accroissement de la subvention de certains produits pour éviter une flambée des prix.

Le secteur de l’éducation sénégalaise doit faire l’objet d’un diagnostic minutieux afin d’en extraire la tumeur qui l’a gangrène. Ce ne serait pas de trop de convoquer les assises de l’éducation. On ne peut pas, à tout moment, régler des problèmes ponctuels. Les acteurs de ce secteur et les décideurs doivent s’engager dans des actions durables. L’histoire serait-il entrain de bégayer ? La crise économique et sociale des Années 1970 accentuée par la grève du SUDES (Syndicat Unique et démocratiques des Enseignants du Sénégal) en 1980 avait poussé le nouveau Président de la République Abdou DIOUF de céder à la volonté de réformer le secteur éducatif. Une commission nationale de la réforme de l’éducation et de la formation est alors créée en 1982. Charge à elle de cogiter sur le changement de cap ; définir la finalité du système éducatif, les moyens et le personnel requis, ainsi que le contexte socioculturel dans lequel il doit évoluer. En somme, il fallait « nationaliser» l’éducation ; prendre en compte les réalités sénégalaises et africaines. Déposées deux ans plus tard les conclusions de cette commission ne furent appliquées. Toutefois, cet exercice et la nomination d’un syndicaliste, issu du Syndicat des Enseignants du Sénégal en l’occurrence Iba Der THIAM, comme titulaire du département de l’éducation nationale a servi de thérapie à la crise qui secouait le secteur. Aussi, en proposant ironiquement de faire de Mamadou DIOP CASTRO ministre chargé des revendications WADE ne voudrait-il pas réitérer l’alchimie gagnante de DIOUF en 1981 ? Force est de reconnaître que le syndicaliste promu ministre à cette époque est devenu un thuriféraire de WADE après avoir été son principal contradicteur.

Le gouvernement de DIOUF avait également essuyé un revers en comptant sur ses actifs une année blanche. Les autorités universitaires étaient contraintes d’invalider l’année 1993-1994 après une grève illimitée des étudiants. Ces derniers refusaient catégoriquement l’application des recommandations issues de la concertation nationale pour l’assainissement et la revitalisation de l’Université de Dakar. Les principales recommandations étaient la maîtrise des effectifs de l’université par une régulation des flux (le bac ne sera plus la seule condition d’accès à l’université), la rénovation de l’organisation académique et pédagogique et l’assainissement des œuvres sociales des universités. A cela s’ajoute une réduction du taux de scolarisation primaire (de 60% à la fin des années 1970 il atteint 54,6% en 1994-1995). Ie plan décennal pour l’éducation et la formation (PDEF), conçu pour la période 2000-2010 constituait le plan de redressement d’une éducation « à terre ». L’alternance a prolongé l’échéance à 2015 et l’a transformé en programme visant à élargir l’accès à l’éducation, surtout à l’enseignement élémentaire ; à améliorer la qualité de l’enseignement ; à renforcer la gestion du système éducatif. Le but recherché est l’éducation primaire universelle à l’horizon 2015 et l’éradication de l’analphabétisme à l’horizon 2012. Des objectifs qui si l’on y prend pas garde ne seront jamais atteints.

Dans le PDEF l’accès à l’éducation, surtout celui des filles, a pris le dessus sur les autres paramètres. On a relevé le niveau de présence de la gente féminine dans le cycle primaire mais il reste à gagner le pari du maintien. Beaucoup d’entre elles quittent l’école pour regagner les grandes villes en vue d’exercer comme domestique. Vous avez compris qu’il s’agit de la population rurale parce que c’est dans ces zones que se pose le problème de l’accès. La qualité de l’enseignement n’est pas des meilleurs. Le taux d’échec est très représentatif du fait du surpeuplement dans les salles de classe. Mais aussi du niveau jugé bas - en termes d’acquisition de connaissances pédagogiques- du personnel enseignant. En effet, le recours aux volontaires et contractuels pour délivrer le savoir aux enfants semble ne pas être la meilleure issue. La durée de la formation et le système de recrutement – sans aucune rigueur- font que les éducateurs traînent des lacunes qu’ils transmettent à leurs élèves.

Nous sommes très loin du schéma rêvé par le Président WADE alors qu’il était opposant, même si son gouvernement s’est attelé à faire des réalisations que le Chef de l’Etat étale ostensiblement : « notre dessein de réaliser le Système éducatif africain que j'ai conçu, il y a dix ans, rationnel et cohérent, prenant les enfants dès le bas âge avec la Case des Tout Petits, un concept sénégalais, et le préscolaire, est en train de se réaliser sous nos yeux. Le Sénégal compte déjà plus de 120 Cases des Tout Petits devenues un modèle universel. Dans la région de Dakar, sur les sites de Thiaroye, de Mbao et de Bargny, il est prévu la construction de deux lycées et un collège qui contribueront à décongestionner Dakar. Au demeurant, le Lycée Lamine Guèye, trop éloigné de la majorité des élèves, participe à l'embouteillage qui paralyse notre capitale. C'est pourquoi il est prévu de le transférer dès la prochaine rentrée. De plus, nous savions que les élèves venus de la banlieue étaient souvent confrontés à des problèmes de transport et de restauration, ce qui accentuait le taux de déperdition scolaire. A ce sujet, j'espère que 2003 verra se généraliser le demi pensionnat qui permettra aux élèves, surtout ceux de familles démunies, d'accéder à une meilleure nourriture. Dans l'évaluation de l'évolution de la scolarisation, il faut tenir compte de notre nouvelle initiative : l'introduction de l'enseignement religieux dans le système scolaire qui a donné satisfaction à tous les parents. Mais, en plus, la formalisation de l'enseignement coranique et sa modernisation, en l'accompagnant de l'alphabétisation dans toutes les langues nationales, de l'enseignement des langues modernes et de la formation professionnelle, permet de faire passer à terme plus de 800 000 enfants dans le système moderne. Il s'agit évidemment de mettre en place les structures et de recruter progressivement les enseignants et les formateurs. Cela signifie que le taux de scolarisation du Sénégal, d'une progression linéaire qui lui était assignée, va bondir en ascension tendancielle vers la scolarisation totale.»

Avec tous les problèmes que connaît l’éducation aujourd’hui il lui est attribué, selon les sources gouvernementales, 40% du budget de l’Etat. Pour tout simplement dire que la situation transcende l’aspect financier même si on veut l’y confiner. Le malaise est beaucoup plus profond. Et le gouvernement gagnerait à faire des réformes profondes du secteur de l’éducation en y associant les syndicats, la société civile et toutes autres personnes susceptibles d’apporter une contribution allant dans le sens de sortir le secteur de l’ornière. A défaut les sempiternels écueils ressurgiront à chaque année scolaire.

Par moussa kane
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Lundi 5 mai 2008

Et WADE atteignit le sommet. Apparemment, las d’entendre à tout moment les stridents cris du peuple le Président de la République a décidé de détourner le débat. Qui n’a pas entendu les citoyens du pays de la « téranga » crier partout « nous avons faim » pour certains et pour d’autres « la vie est chère ». Aussi dur et inconscient soit-il WADE ne peut être sourd aux lamentations de ses concitoyens. Sans le vouloir il reçoit du fond de son palais les gémissements et les jérémiades des sénégalais qui ne savent plus à quel marabout se vouer. Naturellement, il revient au Chef de l’Etat de faire cesser ses plaintes. Mais il faut qu’on se fasse à l’idée que le nôtre est actuellement dans l’incapacité de nous sortir de cette crise. Pour preuve ce qu’il nous propose – la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance et les quelques mesures- ne sont que chimères. WADE et son pléthore de vacives l’ont compris et ils comptent maintenant adopter une stratégie, plus simple mais beaucoup plus dangereuse pour eux : adopter la posture du roseau en laissant passer l’aquilon.

La réussite de cette stratégie passe inéluctablement par un oubli des sénégalais de leur condition actuelle en se focalisant sur des thèmes futiles. Comme le stipule « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » -un document qu’on prête au Groupe de Bildergerg, un "club de réflexion" qui rassemble des personnes extrêmement puissantes des mondes de la finance, de l'économie, de la politique, de l'armée et des services secrets- WADE tente de « garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importances réelles. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser.» C’est tout le sens que l’on peut donner aux dernières sorties wadiennes. En conseil des ministres il décide de dissoudre certains conseils municipaux et ruraux détenus par l’opposition. C’est le tollé général. Pendant longtemps cette décision sera le centre des discussions dans les « gran palaces » du pays, dans la presse mais surtout dans les Etats Majors politiques. Ces derniers n’ont pas attendu pour fustiger le décret de dissolution. Lequel a été au cœur de la dernière grande sortie de Ousmane Tanor DIENG. A Joal où il s’est rendu le Secrétaire Général du Parti Socialiste a déclaré son intention d’attaquer la décision présidentielle au niveau du Conseil d’Etat dès sa signature. Il fonde son action sur l’article 235 et 173 du code des Collectivités Locales qui dispose que le conseil municipal et rural ne peut être dissous que si son fonctionnement durable est impossible. Si telle est la seule solution, il est clair qu’elle est vaine et sans issue. Le dossier pourrira au Conseil d’Etat avant que celui-ci ne décrète l’irrecevabilité du recours ou son incompétence à statuer pour pareil cas. Le Président WADE bénéficiera d’un effet dilatoire. Les politiciens qui s’occupent plus de leurs devenirs que de l’épanouissement des populations en feront leurs choux gras ; soucieux de protéger leurs représentativités.

Du côté du parti de Idrissa SECK on va plus loin que l’action légale pour montrer sa désapprobation. Les jeunes de Rewmi n’excluent pas une réaction vigoureuse. Ils disent être prêts à tout et que l’installation de la délégation spéciale se fera au péril de leurs vies. Certes ils n’iront pas jusque là mais cela montre que le sabrage de WADE ne sera pas oublié de sitôt.

Voila ce qu’attendait WADE. Comme il attend la réaction de la FAO de son compatriote Jacques DIOUF et des Organisation Non Gouvernementales nationales et internationales. WADE a encore frappé là où il fait mal : le détournement de l’aide. Encore une fois dans le but de détourner le débat sur le plan du « qui doit s’occuper de l’aide ? » Alors qu’on attend tous les décideurs sur le « comment sortir de cet engrenage ? » Dans une adresse à la nation il déclare « la seule façon de court-circuiter tous les détourneurs, d’ici et d’ailleurs, c’est de ne pas donner de l’argent. En dépit de tous les mérites de son Directeur Général que j’ai largement contribué à faire élire et réélire à la tête de la FAO, en considération de ses capacités et de son dévouement, c’est l’institution FAO qui doit être mise en cause.

La situation actuelle est largement son échec et les cris d’orfraie n’y changeront rien. Cette institution aux activités dupliquées par d’autres, apparemment plus efficaces, PAM, OXFAM, FIDA, est un gouffre d’argent largement dépensé en fonctionnement pour très peu d’opérations efficaces sur le terrain. Le seul fait de réclamer USD$ 1 ,5 million là où le FIDA, Fonds International pour le Développement agricole, pose sur la table USD$ 200 millions montre la marginalisation progressive de cette institution. J’ai longtemps réclamé son transfert en Afrique, auprès des ‘’malades’’ qu’elle prétend soigner car rien ne justifie sa présence aujourd’hui en pays développés. Cette fois, je vais plus loin : il faudrait la supprimer et son actif utile transféré au FIDA qui pourrait devenir un Fonds Mondial d’Assistance à l’Agriculture avec siège obligatoire en Afrique même, sur le terrain, au cœur du problème. »

Ceci, ainsi que tout ce qui précède, n’est que pure diversion. Un détournement de l’attention du public sur des problèmes importants. WADE ne veut pas qu’on s’intéresse aux connaissances essentielles de cette crise. Il ne veut pas qu’on accède à la « vérité ». Il veut nous imposer des débats qui sont autres que ceux du moment notamment réduire le train de vie de l’Etat et dissoudre (comme c’est la stratégie en vigueur) certaines agences, le SENAT, et autres structures qui nous coûtent chères et qui ne nous sont d’aucunes utilités. Oui, la crise est mondiale mais la médication relève du bon sens des dirigeants de chaque pays. Il est vrai que ces mesures énoncées ne règlent pas définitivement le problème mais contribueraient à alléger la souffrance des citoyens. On ne peut pas vivre en période de crise dans une opulence insultante.

Depuis le début de cette crise rien n’a changé dans les us de nos leaders. Ils nous appellent à changer d’habitudes alimentaires et continuent à se gaver de calamars, de caviar et sabler des champagnes aux coûts exorbitants. Nos dirigeants doivent, en ce moment, sortir de leurs « jurassic park » faits de marbres, d’ivoires et d’or. Mélangez-vous avec le peuple et déchiffrez leurs signaux avant qu’il ne soit trop tard. Les sénégalais ne sont plus dupent. Ils comprennent les facteurs endogènes et exogènes des choses qui affectent leurs quotidiens. De quoi méditer ces paroles d'Antoine de Rivarol « quand le peuple est plus éclairé que le trône, il est bien près d'une révolution.»

Par moussa kane
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